Tous les articles

6 min de lecturemis à jour le

De 20 ans de métallurgie à développeur Full-Stack

Vingt ans dans l'industrie, puis un virage complet vers le développement web. Ce que la métallurgie m'a réellement appris sur la rigueur, et pourquoi ça fait de moi un meilleur développeur Angular/NestJS aujourd'hui.

Illustration de l’article De 20 ans de métallurgie à développeur Full-Stack

Pendant longtemps, ma journée s'est mesurée en tonnes de métal, en tolérances au centième de millimètre, en temps de cycle machine. Aujourd'hui elle se mesure en tests qui passent au vert et en temps de réponse API. Entre les deux : vingt ans d'industrie, et une idée qui a fini par s'imposer, celle de construire les outils numériques qui transforment un secteur plutôt que de simplement les subir.

Je voulais raconter cette bascule dans ce premier article. Pas comme un récit motivant à la mode LinkedIn, mais parce qu'elle explique pas mal de choses dans ma façon de coder aujourd'hui.

Vingt ans dans l'industrie

Vingt ans dans l'industrie, en métallurgie. Je ne vais pas détailler ici les postes précis que j'ai occupés, ce n'est pas le sujet de cet article. Ce qui compte, c'est ce que cet environnement m'a laissé.

Un environnement où l'erreur coûte cher, matière perdue, machine à l'arrêt, délai de production compromis, ça forme un réflexe qu'aucune formation accélérée ne remplace vraiment. On n'apprend pas à livrer "à peu près". On apprend à comprendre une chaîne avant d'y toucher, parce qu'un réglage mal maîtrisé à un poste se paie trois postes plus loin. Et on apprend l'autonomie, tout simplement parce que quand la ligne s'arrête un samedi matin et qu'il n'existe aucune procédure pour ce cas précis, il faut chercher soi-même, comprendre, et trouver la solution.

C'est exactement ce que j'essaie de faire à chaque ligne de code : une solution pensée pour durer, comprise de bout en bout, de la requête SQL jusqu'au déploiement.

Le déclic

Le déclic, pour moi, a été assez concret. À force de passer du temps en production à l'atelier, j'ai fini par vraiment regarder comment fonctionnait le suivi de production, et j'ai constaté qu'il laissait à désirer : pas de vue d'ensemble claire, des informations qui se perdaient d'un poste à l'autre. Je me suis dit qu'un outil bien pensé changerait la donne, pas seulement pour moi mais pour toute l'usine.

C'est de là qu'est parti le reste. J'ai vu les outils numériques transformer un secteur de l'intérieur, traçabilité, supervision, gestion de production, et à un moment j'ai eu envie d'être de l'autre côté de l'écran. Pas celui qui utilise l'outil, celui qui le conçoit.

Se former sans sauter dans le vide

Je n'ai pas quitté l'industrie du jour au lendemain pour trois semaines de bootcamp. La bascule s'est construite avec deux titres professionnels de niveau Bac+2, préparés l'un après l'autre.

D'abord Développeur d'applications PGI/ERP chez ALT-RH, un titre qui parle directement à mon passé industriel : conception d'applications de gestion intégrées, architecture logicielle, Java/J2EE, MySQL, UML, méthodes agiles.

Ensuite Développeur Web et Web Mobile chez Studi : conception, développement et maintenance d'applications web et mobiles, HTML5/CSS3/JavaScript, Angular et TypeScript, SQL/NoSQL, API REST, responsive design, Git.

Le premier n'est pas un hasard de calendrier. Après vingt ans à utiliser des ERP et des outils de gestion de production, apprendre à en concevoir était la suite logique, presque une évidence. Ça m'a donné une longueur d'avance que je n'aurais pas eue en partant de zéro : je savais déjà ce qu'un utilisateur métier attend vraiment d'un outil, et ce qui, dans un logiciel mal pensé, fait perdre une demi-heure par jour à quelqu'un sur le terrain. Le second m'a ouvert au web au sens large, Angular, TypeScript, tout ce qui allait devenir mon terrain de jeu aujourd'hui.

Ce que la métallurgie m'a laissé comme bagage

Il y a surtout une chose que je remarque en regardant en arrière, c'est l'exigence. Formé dans un environnement où l'erreur coûte cher, j'écris du code pensé pour durer, typé strictement, testé, documenté quand ça a du sens. Je ne me contente pas de faire fonctionner, je veux comprendre pourquoi ça fonctionne, et ce qui casserait si une hypothèse changeait quelque part.

Il y a aussi l'autonomie. Je suis autodidacte sur une bonne partie de ma pile actuelle. Quand il n'y a pas de tutoriel tout prêt, je lis la documentation officielle, parfois les sources s'il le faut, et je creuse jusqu'à trouver. C'est le même réflexe que dépanner une machine sans notice un dimanche.

Et puis il y a la vision d'ensemble. Je n'aime pas coder une fonctionnalité isolée sans savoir à quoi elle sert dans le système global. Vingt ans à voir comment un poste de travail dépend du précédent, ça laisse des traces, et ça se retrouve directement dans la façon dont je découpe une architecture aujourd'hui.

Ce que je construis maintenant

Depuis la reconversion, j'ai porté plusieurs projets de bout en bout, pas des démos isolées mais des applications réellement en production.

DashFlow, une application de gestion budgétaire et santé pour ma famille, avec chiffrement côté client des données sensibles en AES-256-GCM. J'y reviendrai en détail dans un prochain article, le sujet mérite plus qu'un paragraphe.

CandiDash, une application Angular de suivi de candidatures, avec son API NestJS et une extension Chrome qui capture les offres.

Un ERP aéronautique, avec une architecture multi-tenant et de la sécurité au niveau ligne (RLS) sur PostgreSQL.

Techniquement, c'est toujours à peu près le même socle : Angular avec les signals, une architecture domain/infra/application propre, NestJS, TypeScript strict, PostgreSQL, Docker. Et je gère moi-même toute mon infrastructure, de l'auto-hébergement sur mon VPS jusqu'au déploiement continu. Ce n'est pas un exercice de style, c'est la même logique qu'en atelier : comprendre toute la chaîne, pas juste le poste qu'on occupe.

Ce que je ferais différemment

Si c'était à refaire, j'hésiterais moins longtemps avant de me lancer, et je construirais des projets réels beaucoup plus tôt dans la formation. C'est en mettant les mains dans du code qui doit vraiment tourner en production qu'on progresse, pas en enchaînant les exercices guidés. Le vrai déclic technique n'est pas venu d'un cours, mais du jour où j'ai dû déployer, sécuriser et maintenir une application avec de vrais utilisateurs, et de vraies conséquences si elle tombait.

Ce que je cherche maintenant

Je suis en poste et ouvert aux opportunités : un CDI de développeur Full-Stack Angular / NestJS, avec une préférence pour un environnement où la tech sert un impact positif. GreenTech, industrie durable, projets qui ont du sens. Après vingt ans dans l'industrie, ce n'est pas un vœu pieux de plus dans une lettre de motivation, je sais très concrètement ce que la technologie peut changer sur le terrain quand elle est bien pensée, et c'est cette conviction qui m'a fait basculer.

Si ce profil vous parle, rigueur d'atelier appliquée au code, autonomie, vision d'ensemble, mes coordonnées sont sur nedellec-julien.fr et le code de mes projets est public sur GitHub.


Le prochain article : comment j'ai chiffré les données sensibles de DashFlow côté client avec AES-256-GCM et PBKDF2, et pourquoi bien le faire est plus piégeux qu'il n'y paraît.